ANALYSE CRITIQUE DE 75 DECES LORS D'UNE HOSPITALISATION POUR PNEUMONIE AIGUE COMMUNAUTAIRE (PAC)

L.VIVES, P. BIEL, S. SEITZ, A. SROUR, C. GAILLEMIN

Département de médecine, Centre Hospitalier, 31800 SAINT GAUDENS, France.

Retour vers les publicationsRetour vers l’accueilRetour vers Infections Respiratoires  Diaporama

La mortalité hospitalière des PAC se situe entre 5 et 25 %, le plus souvent connue par la notion de " sortie par décès ", ce qui peut ignorer quelques guérisons survenues en cours de séjour ou des décès par autre cause. But de l'étude : connaître la mortalité hospitalière réellement imputable aux PAC et rechercher sa signification.

Méthode : 1/ Extraction des séjours avec un diagnostic principal de pneumonie aiguë (fichiers PMSI de l'étude nationale des coûts, CHG de Saint Gaudens de 01/93 à 08/99). 2/ Exclusion : inhalation, tuberculose, ambulatoires, passages au bloc (et/ou chirurgie) , traumatismes, infections nosocomiales, transferts. 3/ Reprise des dossiers avec sortie par décès. 4/ Imputation du décès à la PAC par absence de guérison, d'autre cause léthale identifiée ou de décès subit tardif. 5/ Recherche des facteurs prédictifs de la cause du décès par analyse statistique multivariée.

Malades : sur 692 PAC sélectionnées, 75 sorties par décès sont analysables ; âge 79,7 ans (+-12), H/F : 2,57 ; dénutris 42, dépendants 35, cardiaques 34, BPCO 30, cancéreux 12, éthylique 8, hémopathies 7, diabétiques 4, SIDA 2 ;

Pneumonies : prétraitées 19, bactériémiques 11, bilatérales 29, choc toxique d'emblée 31, PO2

<60 61, intubées 20, documentées 36 (pneumocoque 17, klebsiella 4, pyocyanique 4, autres Gram - 3, staphylo 2, haemophilus 1, divers 7) ;>Décès : imputables à la PAC 60 (directement 39, indirectement 21) ; causes ultimes : détresse respiratoire 25, majoration des comorbidités préexistantes 20, mort subite douteuse 12, sepsis 10, divers 8.

Analyse multivariée : le décès était significativement plus imputable à la PAC en cas d'antécédents respiratoires, d'hypoxie, de début récent, d'atteinte bilatérale et de choc infectieux ; il l'était significativement moins en cas de cancer et/ou de dénutrition. Aucune différence n'a été retrouvée pour l'âge, les autres antécédents, la rapidité du décès, l'agent infectieux, la présence d'une bactériémie.

Conclusion : après analyse cas par cas des décès, la mortalité hospitalière réelle due aux PAC est passée de 10,8 % à 8,6 %. Les sujets cancéreux et dénutris sont plus souvent décédés d'une autre cause. HAUT